Mauro Carbone
THE FLESH OF IMAGES
Merleau-Ponty between Painting and Cinema

 

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Highlights Merleau-Ponty’s interest in film and connects it to his aesthetic theory.

 

In The Flesh of Images, Mauro Carbone begins with the point that Merleau-Ponty’s often misunderstood notion of “flesh” was another way to signify what he also called “Visibility.” Considering vision as creative voyance, in the visionary sense of creating as a particular presence something which, as such, had not been present before, Carbone proposes original connections between Merleau-Ponty and Paul Gauguin, and articulates his own further development of the “new idea of light” that the French philosopher was beginning to elaborate at the time of his sudden death. Carbone connects these ideas to Merleau-Ponty’s continuous interest in cinema—an interest that has been traditionally neglected or circumscribed. Focusing on Merleau-Ponty’s later writings, including unpublished course notes and documents not yet available in English, Carbone demonstrates both that Merleau-Ponty’s interest in film was sustained and philosophically crucial, and also that his thinking provides an important resource for illuminating our contemporary relationship to images, with profound implications for the future of philosophy and aesthetics. Building on his earlier work on Marcel Proust and considering ongoing developments in optical and media technologies, Carbone adds his own philosophical insight into understanding the visual today.

 


 



 Mauro Carbone
Una deformación sin precedentes
Marcel Proust y las ideas sensibles

 

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Una deformación sin precedentes se propone reencontrar, explorar y desarrollar la actualidad y la radicalidad de algunas de las cuestiones que la obra de Proust no deja de plantear a la filosofía. ¿Es cierto que los seres humanos tienden espontáneamente a la verdad? Y si esto no es así, ¿cómo acontece que en ellos surja, tomando las formas de pensamiento que solemos llamar «ideas», el conocimiento tanto de la experiencia de sí mismos como del mundo? ¿En qué consisten, entonces, tales ideas? ¿Podemos seguir describiéndolas en la manera que nos ha transmitido la tradición predominante en el pensamiento occidental: el platonismo? Mauro Carbone presenta al pensamiento y al arte de los siglos XX y XXI un espejo donde reflejarse y sobre el cual reflexionar.

 

 

Sergio Aguilera; Investigaciones Fenomenológicas, n. 12, 2015
UNA DEFORMACIÓN SIN PRECEDENTES. MARCEL PROUST Y LAS IDEAS SENSIBLES

 

 

compte rendu de Una Deformación sin precedentes. Marcel Proust y las ideas sensibles.

 


 

 

Mauro Carbone, Université Jean Moulin Lyon 3 – I.U.F.

 « Pourquoi la philosophie raconte-t-elle des histoires ? »


Introduction



La philosophie raconte des histoires pour plusieurs raisons. Pour mieux expliquer ce qu’elle veut dire, par exemple. C’est le cas de Gilles Deleuze qui évoque un conte de Charles Dickens intitulé L’ami commun, dans son dernier écrit publié de son vivant, pour essayer de clarifier sa formule, abstraite et technique, de « transcendantal impersonnel ». Cette raison pour raconter des histoires est intéressante à analyser. Tout d’abord, quelqu’un pourrait affirmer qu’une telle raison montre encore une fois la tendance, typique de la philosophie, à ne pas respecter l'autonomie des autres formes d’expression en les utilisant à ses propres fins. De l’autre côté, quelqu’un d’autre pourrait suggérer que la même raison manifeste aussi une certaine impuissance de la philosophie à parler de manière concrète et aisément compréhensible. D’où le recours aux histoires.
D'ailleurs, la tendance de la philosophie à la pensée abstraite ainsi que les risques implicites d’une telle tendance sont au centre d’une histoire qu’on peut considérer, et qui a été considérée, comme une sorte de « scène primitive » de la philosophie : je me réfère à l’anecdote platonicienne concernant le proto-philosophe Thalès qui, regardant les étoiles, tombe dans un puits pendant que la servante de Thrace se moque de lui.
Une telle scène primitive décrit donc la naissance simultanée et opposée de la philosophie et de la non-philosophie, les caractérisant par une série d’autres oppositions : homme/femme, vieux/jeune, haut/bas, pensée/vie (cette dernière étant symbolisée par le rire). Par là on peut entrevoir une autre raison pour laquelle la philosophie a eu et a besoin d’histoires. Milan Kundera, grand auteur de contes « philosophiques », l’a expliquée à sa manière : 

 

En 1935, trois ans avant sa mort, Edmund Husserl tint, à Vienne et à Prague, de célèbres conférences sur la crise de l’humanité européenne. L’adjectif « européen » désignait pour lui l’identité spirituelle qui s’étend au-delà de l’Europe géographique (en Amérique, par exemple) et qui est née avec l’ancienne philosophie grecque. Celle-ci, selon lui, pour la première fois dans l’Histoire, saisit le monde (le monde dans son ensemble) comme une question à résoudre. Elle l’interrogeait non pas pour satisfaire tel ou tel besoin pratique mais parce que la « passion de connaître s’est emparée de l’homme ».
La crise dont Husserl parlait lui paraissait si profonde qu’il se demandait si l’Europe était encore à même de lui survivre. Les racines de la crise, il croyait les voir au début des Temps modernes, chez Galilée et chez Descartes, dans le caractère unilatéral des sciences européennes qui avaient réduit le monde à un simple objet d’exploration technique et mathématique, et avaient exclu de leur horizon le monde concret de la vie, die Lebenswelt, comme il disait.
L’essor des sciences propulsa l’homme dans les tunnels des disciplines spécialisées. Plus il avançait dans son savoir, plus il perdait des yeux et l’ensemble du monde et soi-même, sombrant ainsi dans ce que Heidegger, disciple de Husserl, appelait, d’une formule belle et presque magique, « l’oubli de l’être ».
Élevé jadis par Descartes en « maitre et possesseur de la nature », l’homme devient une simple chose pour les forces (celles de la technique, de la politique, de l’Histoire) qui le dépassent, le surpassent, le possèdent. Pour ces forces-là, son être concret, son « monde de la vie » (die Lebenswelt) n’a plus aucun prix ni aucun intérêt : il est éclipsé, oublié d’avance.
Je crois pourtant qu’il serait naïf de considérer la sévérité de ce regard posé sur les Temps modernes comme une simple condamnation. Je dirais plutôt que les deux grands philosophes ont dévoilé l’ambiguïté de cette époque qui est dégradation et progrès à la fois et, comme toit ce qui est humain, contient le germe de sa fin dans sa naissance. Cette ambiguïté n’abaisse pas, à mes yeux, les quatre derniers siècles européens auxquels je me sens d’autant plus attaché que je suis non pas philosophe mais romancier. En effet, pour moi, le fondateur des Temps modernes n’est pas seulement Descartes, mais aussi Cervantes.
Peut-être est-ce lui que les deux phénoménologues ont négligé de prendre en considération dans leur jugement des Temps modernes. Je veux dire par là : S’il est vrai que la philosophie et les sciences ont oublié l’être de l’homme, il apparaît d’autant plus nettement qu’avec Cervantes un grand art européen s’est formé qui n’est rien d’autre que l’exploration de cet être oublié.
En effet, tous les grands thèmes existentiels que Heidegger analyse dans Être et Temps, les jugeant délaissés par toute la philosophie européenne antérieure, ont été dévoilés, montrés, éclairés par quatre siècles de roman (quatre siècles de réincarnation européenne du roman). Un par un, le roman a découvert, à sa propre façon, par sa propre logique, les différents aspects de l’existence. (M. Kundera, L’art du roman, Paris, Gallimard, 1986, pp. 17-19)



Comme on vient de le lire, Kundera, à la suite de Husserl, indique dans les caractères des Temps modernes la raison pour laquelle la philosophie, développant sa tendance à la pensée abstraite, a eu besoin des histoires – les histoires racontées dans les romans – pour faire référence aux « grands thèmes existentiels ». Mais l’anecdote platonicienne que j’évoquais plus haut suggère de faire remonter cette raison à la naissance même de la philosophie. En effet, depuis la chute du proto-philosophe et le rire de la servante de Trace, la philosophie s’est traditionnellement méfiée de la vie, elle l’a toujours tenue à distance, et c’est précisément pour essayer quand même de traverser cette distance qu’elle n’a pas cessé d’avoir besoin d’histoires.


 

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Deux minutes papillon

Par Géraldine Mosna-Savoye, France Culture

02.01.2017 | "Philosophie-écrans : du cinéma à la révolution numérique" de Mauro Carbone.

 

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Qu’est-ce qu’une
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La réponse du jeune Sartre via Bergson.

05.2013 | Conférence de Mauro Carbone dans la partie intitulée "Une philosophie-cinéma" du colloque Le cinéma de Bergson: Image -Affect - Mouvement.

 

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des philosophes français : Merleau-Ponty, Lyotard, Deleuze, Maldiney.

Conférence du 9 février 2012 dans le cadre de l’exposition Cézanne et Paris (Paris, Musée du Luxembourg).

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